Institut
Académique
des Bébés
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CAPACITER – INVESTIR DANS NOS CRÈCHES FACE AUX CATASTROPHES NATURELLES ET VALORISER LES MÉTIERS DE LA PETITE ENFANCE

À quelques jours de la rentrée, notre pays est frappé par de fortes pluies causant des dégâts sans précédent.

Les inondations d’une ampleur brutale causent un cataclysme détruisant notamment les crèches, les écoles freinant ainsi cette rentrée.

La destruction des structures de la petite enfance par des catastrophes naturelles constitue une urgence économique, sociale et humaine qui exige la mise en place de subventions publiques d’urgence systématiques et une revalorisation profonde des métiers du secteur.  

Lorsqu’une inondation ou un cataclysme détruit une crèche, l’impact dépasse largement la perte matérielle : c’est toute l’infrastructure de soutien aux familles et le premier pilier du développement de l’enfant qui s’effondrent.

Les conséquences dépassent et vont au delà de l’anéantissement des équipements : c’est toute la chaine qui périclite l’instant de quelques heures de pluie.  

Ce sont des années de labeur, de sacrifice qui fondent comme de la glace au soleil.  Ce sont des années d’engagement, parfois seul sans aucune subvention étatique qui partent en fumée et réduisent en cendres.

Oui c’est douloureux !  Au delà de l’émotion, quelles solutions durables s’offrent à notre pays ?

C’est toute l’ossature économique gravitant autour de l’éducation et de la prise en charge des tout-petits qui est malmenée et montre ses véritables faiblesses.  

Un système non soutenu pourtant ô combien important qui complète le gap public à prendre en charge ses enfants à 100 %.  

Ces initiatives privées ne sont pas des structures ordinaires. Ils accomplissent une mission de service public essentielle. Leur effondrement en raison de catastrophe naturelle paralyse immédiatement les communautés.  

Des milliers d’enfants devaient faire leur rentrée cette semaine mais le ciel en a décidé autrement. Ce paradoxe met en lumière nos défis y adjoignant notre incapacité à relever le plateau de la petite enfance de manière drastique afin d’annihiler ces manquements récurrents à chaque saison de pluie.

Cher État, il est temps d’instaurer ce dialogue entre société civile, privés et le public pour une réflexion collective vers une réponse salutaire puissante pour faire de la petite enfance un levier de développement économique capable de se reconstruire en cas de crise.

Quand rouvriont les écoles ?  

Quel enfant aura la chance de reprendre le chemin de sa classe ?  

Quel parent reprendra ses activités et pallier aux problèmes de garde, en particulier les femmes ?  

Avez-vous évalué l’impact sur notre économie ?

Pouvons nous réfléchir ensemble sur des leviers structurels durables et freiner le coût de l’inaction ?  

Investir et être résilient sans faiblir notre économie parce qu’un parent qui ne travaille pas impacte le développement. Un parent qui ne travaille pas voit son pouvoir d’achat se réduire et affecte sa famille, sa santé. Cet effet domino nous asphyxie.

L’urgence réside dans l’investissement durable et non ponctuel pour maintenir la stabilité économique et permettre à nos enfants de poursuivre leurs apprentissage et garantir l’équité dès les 1000 premiers jours.

Soutenir les crèches privées revient à garantir à chaque enfant le maintien à l’école et le lien social au moment où les familles en ont le plus besoin.

L’appui de l’État ne doit pas seulement viser à répondre à un besoin ponctuel mais s’ancrer dans une démarche profonde dont  la finalité débouche sur le financement de structures adaptées et résilientes pour préparer la petite enfance au changement climatique.

Placer dans nos politiques le capital humain de demain ambitionne à valoriser les métiers de la petite enfance sur lesquels s’appuient les crèches. Ces professionnels à qui l’on prête plusieurs dénominations : nounou, gardien… Cela reflète la méconnaissance de leur apport dans la vie future des tout-petits dont ils ont la charge. Ils portent leur métier comme une véritable vocation, souvent au prix de sacrifices financiers et personnels majeurs.

Le dialogue auquel je convie les pouvoirs publics intègre cette dimension sur les enjeux de ces métiers capitaux pour les générations futures. Il implique la reconnaissance de leur compétences et leur confère un statut et des conditions plus humaines.

Chaque crèche mise en péril n’entrave en rien l’expertise, la vision éducative et l’engagement des professionnels. L’inaction publique face à ces sinistres équivaut à rester stoïque face à l’avenir de notre richesse : nos enfants.

Il est temps de poser des actes forts face à l’ensemble de ces aléas par l’investissement, la mise en place de subventions d’urgence, la revalorisation structurelle des métiers de la petite enfance.

Fa DIALLO

Founder Institut Académique des Bébés-IAB

Présidente de l’Association BOYAM